De la saisonnalité de l’écriture

Jusqu’à mes trente ans, je n’avais aucune passion. Maintenant, j’ai le problème inverse : entre l’écriture et le jardinage, impossible de choisir.

Les deux exigent pas mal de temps et d’énergie, donc je me partage : d’avril à octobre, le jardin. Nettoyer, préparer, semer, planter, bichonner, récolter. Pendant cette période, je prends des notes, j’attrape au vol des bouts d’histoire et de dialogues qui surgissent à l’improviste. Je laisse décanter. Ce qui était embrouillé (intrigues, personnages secondaires inutiles…) se démêle tout seul.   

 Quand les confitures sont terminées, l’ail planté, et la terre recouverte d’une bonne couche de feuilles mortes (très important!), vient la saison des pulls, des bouillottes et de l’écriture. C’est le moment de se replonger dans mes écrits, de ne garder que l’évident, de se délester du superflu et de faire de tout ça une histoire.

Je fais partie de ceux (sommes-nous nombreux?) qui attendent la grisaille de novembre avec impatience.

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